Résumé du Raid La Tranche
Ile de Ré 2006
Nous sommes
238 inscrits pour ce 22 ème raid la Tranche-Ile de Ré patronné par
Planchemag et de nombreux autres sponsors.
La recette,
c’est toujours la même : une seule manche le dimanche
après-midi, un seul parcours aller et retour avec une bouée à jiber
devant l’île de Ré.
Ce raid est inscrit au programme du Championnat de France Longue
distance et compte pour le classement annuel.
La météo
n’est pas excessivement optimiste mais on
croit pouvoir compter sur un petit 10/15 nds d’Ouest, les prévisions
sont concordantes.
La veille,
samedi 8 juillet, la traversée des kites a été remplacée
par une funny race.
Le même week-end se tenait à l’Aber Wrach une
autre longue distance d’importance, d’où l’absence
de la plupart des Bretons.
Cependant on est venu de toute la France, de Lorraine, d’Aquitaine,
de Normandie et de la région parisienne. Les
inscriptions se déroulent dans le calme, et à la perfection.
Beaucoup étaient pré-inscrits. Chaque coureur se voit remettre
un lycra orange ( tiens tiens çà rappelle quelque chose)
un tee shirt et divers petits cadeaux bien sympathiques.
Le parking est bien plein, mais chacun arrive à se caser tant
bien que mal, et commence à déballer le matos.
Vers
10h30, le ciel est couvert, un petit 10 nds moyens
d’Ouest
arrose le plan d’eau. On espère que le vent va monter, mais
peu de chance qu’un vrai thermique s’installe. Les plus optimistes
parlent de 20 nds, je penche pour 15 au mieux.
Le parcours étant théoriquement ( !!) du pur travers, je
me dis que ma Formula et ma 10m² vont être un peu encombrantes
et je grée 8.5 sur une grosse freeride de 85 cm de large, quasiment
une « petite Formula »
Je teste, au milieu de quelques planches de fun scotchées : c’est
bon, je plane presque tout le temps, il me suffira de ré-étarquer
si le vent monte. Et çà se tiendra sans problème
jusqu’à 20 nds( avec 10m² je ne garantis pas)
13h30
Briefing. Le ciel s’est éclairci, le vent a monté d’un
(tout petit) cran, avec des pointes à 15 nds, il peut encore se
renforcer et évoluer au NO.
Impossible de repérer le point de chute en face, c’est trop
loin, mais « il n’y a qu’à suivre le bateau…et
ceux qui sont devant ! » Plus facile à dire qu’à faire…
Jérôme Bruet est arrivé à la bourre, mais
est fin prêt avec sa 11m et sa formula.
Philippe Gros , Yves Witzack et Hugues Kohler ont aussi choisi la Formula.
Les favoris comme Yoann Fleury et Michel Merceur également.
Jean-Baptiste Daniel a opté pour du gros matos de slalom.
Stéphane Vannier , excessivement confiant dans le thermique, n’a
gréé que 7 m² …
Franck Hébant et Olivier Bernard font aussi partie des optimistes
et renoncent à la Formula… Et puis à quoi bon une
Formula, n’est-ce pas , sur un parcours travers/travers ?
Franck remarque mon aileron de 62cm. T’as pas plus petit ? Ben
si, 52 cm, mais là c’est un peu tard, pas le temps de changer
et de tester, et puis, on ne sais jamais…. Bien m’en a pris
!
Chacun installe son matériel en bonne position au bord de l’eau.
Certains se placent au vent, bon plan seulement si on court vite car
la distance à parcourir sur le sable est plus longue.
Je suis en milieu de ligne et assez bien placée en premier rideau.
14
heures. Départ dans une minute. Je me calme et me dis que
la course à pied n’étant pas mon fort, et le portage
de matos encore moins, rien ne sert de s’énerver. Et puis
c’est mon 5 ème raid La Tranche-Ile de Ré, je sais
que le départ n’est pas tout.
Au
signal, je pars tranquillement, je pousse la planche
en essayant de ne pas ramasser les algues. Pas assez de zef pour le
beach start,
avec toutes ces voiles levées, alors je pars au tire veille.
Le problème c’est qu’une fois partie, et enfin lancée
au planing, je vais où ? Qui suivre ?
La bateau pilote est loin, et puis il est petit, d’autres bateaux
sillonnent vite le plan d’eau, lequel est le bon ?
Ma planche cape facilement, je serre donc le vent d’assez près,
laissant le gros de la flotte chercher le planning en abattant.
Mais il me faudra arriver au moins à mi-traversée pour
me rendre compte que le bateau a filé très à droite
suivant une parcours qui correspond non pas à du travers mais à du
près serré.
Et à part quelques formulas qui avaient suivi son sillage, et
qui sont déjà loin, pas grand monde n’avait compris
la manœuvre.
Je double mes collègues raceboarders, Céline et Maéva (tiens, c’est curieux les adeptes de l’Olympisme ont laissé la
RS :X au garage et ressorti leur One Design et leur 7.4 ) et Gilles
Chapin , qui filent au planning, leurs dérives relevées, ne pensant
pas eux non plus, que la bouée allait être placée
aussi haut.
Et puis enfin la certitude, oui la bouée est là haut, oui
il faut tirer des bords…
Et là çà commence à se croiser dans tous
les sens comme sur une bonne vieille régate de Ligue !
Par chance, le vent côté Ile de Ré est plus soutenu
et je peux caper assez bien.(heureusement que j’avais gardé mon
grand aileron !)
J’ai tiré 4 ou 5 bords tout de même, et 45 mn au moins
se sont écoulées lorsque j’empanne enfin la bouée.
Le
retour est nettement plus rapide, mais marqué par une angoisse
permanente : le vent faiblit et il devient difficile de conserver le
planing avec cette allure très abattue (forcément…avec
tout ce près à l’aller !) Je sens quelques crampes
aux mollets.
Gilles Chapin m’énerve : il m’a redoublée au
près et maintenant il est juste devant moi avec sa raceboard et
7.5 , je pense n’en faire qu’une bouchée, mais ne
parviens pas à réduire l’écart.
A une allure plutôt poussive ( pas de record de vitesse aujourd’hui
!)mais toujours au planing, je touche enfin terre et suis agréablement
accueillie par les commentaires du speaker qui m’apprend que je
suis la première fille.
En définitive, seuls 70
coureurs auront bouclé le parcours
. Beaucoup ont fait la traversée aller et retour mais ont laissé tomber
la bouée, beaucoup trop au vent, et ne seront pas classés.
Explication : le Comité de Course a anticipé une probable
bascule du vent au NO et a monté la bouée à son
emplacement habituel. Le bateau ouvreur, suivi par les premiers en formula
n’a probablement pas réalisé que les planches de
slalom et de freeride ne pouvaient pas tenir un cap similaire.
Une petite fausse note, bien involontaire, qui ne devrait pas se reproduire.
Mais c’est une déception pour beaucoup, alléchés
par le concept « travers/travers » et qui se sentent un peu
trahis.
Les arrivées s’échelonnent jusqu à 16 h 30,
avec un vent de plus en plus léger. Le benjamin, Maxime Labat,
12 ans, très attendu par une maman un peu inquiète, touche
terre parmi les derniers, frais comme un gardon et tout content de sa
traversée.
17
heures. On enchaîne assez rapidement avec la remise
des prix et le pot de l’Amitié.
Les plus rapides ont été Yoann Fleury et Michel
Merceur.
Ils empochent d’assez jolis « prize-money »
Le meilleur Ligérien : Jérôme Bruet 6 ème
. Et une voile au tirage au sort en prime !
Le plus méritant : Stéphane Vannier arrivé 8 ème
en 7m ! Complètement épuisé par le pomping.
Le plus malin : Pol Fleury qui gagne une planche Tiga ( trophée
GPS) et un wishbone au tirage au sort.
Le plus pressé (because football ?): Franck Hébant qui
n’attend pas le tirage au sort et manque une superbe voile North
Daytona 6.6
L’édition 2005 fut celle des Raceboard, 2006 celle des
Formulas. L’édition 2007 sera celle du slalom, qu’on
se le dise ! Et à l’année prochaine !
Odile
Patra le 10 07 06
|